Critique : A single Man
Réalisé par Tom Ford
Avec Colin Firth, Julianne Moore, Nicholas Hoult
Long-métrage américain.
Genre : Drame
Durée : 1h40 min
Année de production 2008
Visionné en version originale
Résumé :
En 1962, George Falconer est un professeur d’université. Tous les jours est un supplice depuis qu’il a perdu son compagnon dans un accident. Commence alors un combat contre la solitude, le pessimisme et la mort…
Critique :
Ce film est un véritable coup de poing en pleine face. Une immersion complète et inimitable qui nous arrache à toutes nos convictions et nos certitudes. Et même si le sujet peut paraître extrêmement dur et épuisant, on en ressort à la fois entièrement comblé et complètement hagard. Le personnage principal, interprété par l’incroyable Colin Firth est tiraillé de tout côté par tout ce qui l’entoure. Le sentiment de solitude est l’un des premiers que l’on rencontre. Il s’agit d’un sentiment compliqué car extrêmement pervers : impression de liberté, de sureté et pourtant d’abandon, de nostalgie et de vide. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le film répond entièrement à toutes ces attentes, rien n’est sous-estimé, tout est là. Pour retranscrire tous les sentiments éprouvés par le personnage, le réalisateur Tom Ford nous plonge dans une esthétique magique et envoutante. Le soin porté à cette esthétique de l’image frise l’objet d’art. Les teintes changent en permanence pour refléter les humeurs et les états d’âme. Tout ceci est entrecoupé de flashback à l’esthétique tout aussi soignée retraçant son ancienne vie avec son compagnon, ce qui ne fait que rendre plus oppressant le dur retour à la réalité.
Colin Firth est tout simplement impeccable dans ce rôle de professeur meurtri par la vie. A ses côtés, on retrouve l’inoubliable Julianne Moore qui nous propose une nouvelle fois une interprétation parfaite et tout à fait hors du commun. Son personnage est à la fois pitoyable et très attachant. Elle dégage quelque chose de vraiment naturel qui nous rapproche d’elle en permanence. On a vraiment le sentiment qu’elle a pris du plaisir à jouer ce rôle de veuve alcoolique qui rêve de l’inaccessible. Une très belle performance de la part du casting qui donne au film un souffle de vérité assez remarquable et qui nous imprègne au plus profond de nous-même dans les méandres de cette histoire au pessimisme lancinant. Les dialogues sont travaillés et retravaillés pour une justesse de tous les instants. Aucun cliché n’est à noter, le romantisme prenant le pas sur les a priori que l’on pourrait rencontrer dans ce genre de films. Les échanges entre les personnages sont pertinents, remplis de subtilité et très pudiques.
La musique du film est à l’instar de la mise en scène : pessimiste mais tellement envoutante. Elle fait ressortir des réactions contradictoires par sa beauté et sa mélancolie. On passe très rapidement de la solitude aux moments d’extase et de la joie à la peine. La version originale est impeccable et nous offre des dialogues d’un naturel qui sont toujours bon à prendre. Le film nous hypnotise de bout en bout et c’est seulement à la fin que l’on s’aperçoit de cette descente vertigineuse que l’on vient d’effectuer : une chute extraordinaire et un sublime pessimisme…
En bref :
Un film bouleversant. Une esthétique éblouissante. Des acteurs extraordinaires. Un des plus beaux films sur l’homosexualité, la solitude et la difficulté des rapports humains.
Julien Rouveron
Note : 8.5/10
Bande Annonce :
N’hésitez pas à donner votre avis, il nous intéresse :