Critique : Prince Of Persia
Réalisé par Mike Newell
Avec Jake Gyllenhaal, Gemma Arterton, Ben Kingsley
Titre original : Prince of Persia: The Sands of Time
Long-métrage américain.
Genre : Aventure, Action
Durée : 02h06min
Année de production : 2010
Film visionné en Version Française
Résumé :
Dastan n’est pas un Prince de Perse comme ses frères adoptifs : il n’est pas de sang royal. Il est néanmoins le plus agile et le plus réfléchit de tous ses frères. A la mort de son père adoptif, il est accusé à tort de l’avoir assassiné. Auprès de la princesse Tamina, il va tout faire pour changer le cours des événements grâce à la dague du temps censé contenir les sables du temps et lui permettre de revenir dans le passé.
Critique :
Quiconque un tant soit peu « geek » connait la série des Prince of Persia, qui eut un succès non négligeable en son temps, et qui d’ailleurs perdure à l’heure d’aujourd’hui avec de nouveaux épisodes en perspective. Et tout fan de jeux vidéo sait aussi à quel point les adaptations au cinéma de ces jeux ont été pour la plupart des échecs. Etant moi-même un grand amateur de la série Prince of Persia, c’est avec une certaine fébrilité mais néanmoins une certaine excitation que je me suis dirigé vers la salle obscure la plus proche.
Après deux heures de film, le constat est en demi-teinte. Le début du film est particulièrement intéressant et lui donne une assise plutôt rassurante. On y retrouve des personnages qui ressemblent beaucoup à ceux du jeu vidéo, des décors magnifiques bien qu’entièrement numériques et surtout une histoire qui colle parfaitement à l’univers. Le film respecte à mon sens parfaitement la série, en piochant de-ci de-là de bonnes idées dans plusieurs opus de la série. L’histoire suit les grandes lignes des Sables du Temps sorti en février 2004, l’aspect visuel ressemble plus aux Deux Royaumes sorti en décembre 2005 et les personnages, ainsi que les dialogues font plus penser à Prince of Persia sorti en décembre 2008. Seul l’aspect mature du volet de l’Ame du guerrier semble absent, ce qui est fort regrettable car il aurait peut-être été le plus à-même d’apporter ce qu’il manque cruellement à ce film : une maturité et une profondeur. Car si le film respecte bien la série, il n’en possède ni le charme, ni la beauté. Le film est un peu long et s’embarrasse de dialogues parfois inutiles et très vite épuisants. Les personnages ne sont pas assez étoffés et l’intrigue s’octroi, à l’instar de la fin du film, des raccourcies et des facilités déconcertants.
Et oui, pour nous aussi c’est la douche froide !!!
La réalisation ne vient pas du tout soutenir ce manque de rigueur, en nous proposant une mise en scène correcte mais étonnamment brouillonne. Mike Newell n’en est pourtant pas à son premier film et c’est avec grande surprise que l’on se met à pester lors des scènes de combat par le manque de lisibilité de chaque plan. La mise en scène semble clairement s’être focalisée sur les événements clefs en rapport avec le jeu vidéo, tels que les ralentis, les retours dans le temps, ou bien encore les petits mouvements de caméra qui planifient les futures actions des personnages. C’est bien dommage, car du coup on se retrouve très vite orphelin en dehors des scènes d’action. Les effets numériques sont de toute beauté mais nous rappellent sans cesse que tout est factice, ce qui est un comble quand on sait que le tournage s’est fait dans des paysages marocains fabuleux, pour l’occasion complètements inexploités. Le film manque aussi au final tout simplement de cascades et de moments d’escalades, qui étaient l’essence même du jeu vidéo.
Vas-y, viens, on passera peut-être inaperçu déguisé. Raté, grillé !!!
Les acteurs s’en tirent plutôt bien dans leur jeu, mais sans être réellement transcendants. La ressemblance physique avec les personnages déjà existants est plus impressionnante en revanche, avec un Jake Gyllenhaal qui ressemble trait pour trait au Prince de Perse du jeu vidéo. Gemma Arterton est très belle en princesse Tamina, mais elle finit par nous agacer plus qu’autre chose par la pauvreté de ses dialogues qui la rendent plus nunuche que dédaigneuse. La relation amoureuse est intéressante mais elle n’arrive pas à la hauteur une nouvelle fois de celle qu’entretient le Prince avec ses partenaires dans le jeu. La confiance et l’amour naissants de l’orgueil du prince et du dédain de la princesse ne sont pas assez exploités et cette relation amoureuse n’en ressort pas avec un dixième de la profondeur qu’elle devrait avoir. La bande-son est correcte et fait la part belle aux bruitages lors des combats et des scènes d’action. La musique est de qualité mais Harry Gregson-Williams nous avait quand même habitué à plus de qualité. Les musiques perses sortent tout de même du lot de ce désert, mais sans provoquer toutefois de tempête de sable. Mention toute particulière à la version française qui est particulièrement plate et décevante.
En bref :
Malgré ses lourdeurs et ses défauts, ce Prince of Persia n’en reste pas moins un bon divertissement qui remplira les salles à coup sûr, et plaira sans doute plus particulièrement à ceux qui ne connaissent pas le jeu vidéo du même nom. Pour les « geek » en puissance, même si le film est relativement respectueux du jeu, ils risquent d’être déçus par cette adaptation beaucoup trop facile et légère.
Julien Rouveron
Note : 5.5/10
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