Critique : Predators

 

Date de sortie cinéma : 14 juillet 2010

Réalisé par Nimrod Antal
Avec Adrien Brody, Alice Braga, Topher Grace

Long-métrage américain

Genre : Action, Science-fiction
Durée : 01h47min

Année de production : 2010
Distributeur : Twentieth Century Fox France

Film visionné en Version Française


Résumé :

Un groupe de personnes se retrouve mystérieusement sur une planète éloignée de la Terre. Le temps de s’en apercevoir, ils sont déjà traqués par d’étranges créatures, véritables chasseurs avides de chair fraîche…


Critique :


Vingt-trois ans après l’excellent Predator de John McTiernam, vingt ans après le très honorable Predator 2 de Stephen Hopkins, et seulement quelques années depuis les très controversés Alien vs Predator, le plus grand chasseur de tous les temps est de retour, et il est venu avec ses amis…

Le moins que l’on puisse dire, c’est que ce film était attendu de pied ferme par les fans de la première heure que les dernières années n’ont pas épargnés avec les très mitigés Aliens vs Predator. C’est donc un véritable retour aux sources que nous propose ce dernier opus. Le film ne s’embarrasse d’ailleurs pas avec de grandes explications sur le pourquoi du comment. Dès les premières secondes, sans jeu de mot, on tombe de haut. On entre dans le vif du sujet de manière extrêmement rapide et haletante. L’ambiance très moite de la forêt, la sueur, les armes blanches… Vraiment tout pour plaire. La première demi-heure du film est d’ailleurs sans doute la partie la plus intéressante de tout le film. Le ton est extrêmement grave et ne laisse à aucun moment sa place à l’humour, totalement absent du film. Le suspens est omniprésent, le stress des survivants  est palpable et les tensions naissent petit à petit. La première « rencontre » mettra d’ailleurs un moment à arriver, ce qui n’est finalement pas désagréable, loin de là. Car c’est sans doute à partir de la « rencontre » que le film perd un peu en crédibilité. Toutes les attentes de cette première partie retombent comme un soufflet. Le suspens, remplacé par des scènes d’action intenses, devient quasi inexistant, les morts s’enchaînent sans vraiment d’empathie pour les personnages et les Predators n’apparaissent pas aussi impressionnants que l’on aurait souhaités.













« Ah tiens, Morpheus. Merci d’être passé en coup de vent !!! Bon retour dans la matrice. »


La réalisation est soignée et reste maîtrisée de bout en bout. A l’instar du précédent film de Nimrod Antal, « Blindés », sa mise en scène n’a pas à rougir avec ce qui se fait en ce moment au cinéma. Les plans sont relativement beaux et les scènes d’actions ne s’embarquent pas dans un déluge de mouvements de caméra indescriptibles. Tout est parfaitement cohérent et le film favorise avant tout la lisibilité de l’image. Par contre, quand l’action s’arrête, on se rend très vite compte de la limite du film. Les scènes qui mettent en avant les dialogues sont assez ennuyeuses et on attend sans cesse que l’action redémarre. Il n’empêche que le film s’octroie de temps en temps des plans fantaisistes assez remarquables d’ingéniosité et d’inventivité, ceci étant peut-être dû à la présence de Robert Rodriguez dans le fauteuil de producteur. Ce qu’il manque probablement le plus à cette mise en scène, c’est une entrée en matière des Predator plus impressionnante, une présence plus incisive et surtout plus recherchée. On a un peu l’impression de se retrouver face à des « sous Predator » qui subissent le film. Même les Predator de Paul W.S. Anderson m’ont paru plus vrais que ceux de Nimrod Antal. Le scénario tient la route mais ne nous décoiffe pas pour autant. Le déroulement de l’intrigue est extrêmement classique et redondant. Le film apparaît donc au fur et à mesure, et à notre plus grand désespoir, relativement vide…













« Merde, j’ai oublié ma réplique. Ah ben non, autant pour moi, y’en a pas !!!»


L’interprétation des acteurs est des plus minimaliste. Tout le jeu d’acteur s’est focalisé sur le jeu de jambe plutôt que sur les expressions faciales. On ne ressent pas la douleur au travers des personnages, ni  d’empathie et finalement pas de peur… On ne s’attardera pas non plus sur les dialogues qui sont à défaut d’être inexistants,  très maladroits et prévisibles : des gémissements de surprise, jusqu’à la phrase de fin qui mériterait la palme d’or de la phrase la plus prévisible de l’année !!!  Les musiques de John Debney sont par contre très intéressantes et collent parfaitement à l’ambiance moite de la jungle. Les bruitages sont quant à eux restés les mêmes depuis le premier Predator et c’est donc sans grosse surprise qu’on les retrouve dans ce film. La version française ne s’en tire pas trop mal au vu du peu de dialogues présents, mais n’est pas franchement au niveau d’une version originale, tous films confondus.





En bref :

S’il est loin d’être un mauvais film, pas sûr qu’il contente les fans inconditionnels du Predator, premier du nom. L’ambiance et la réalisation sont soignées, mais ne suffisent malheureusement pas à faire resurgir les sensations initiales du premier film. On ne fait qu’effleurer la légende, sans y goûter véritablement.

Julien Rouveron


Note : 6.5/10






Deuxième Avis :

A titre personnel, j’ai trouvé que Predators est un film hommage qui fait totalement honneur au premier film du nom. Il ne s’éloigne pas des codes du premier : une ambiance lourde, de la jungle, peu d’armes et des personnages charismatiques au possible, exception faite de Laurence Fishburne qui tient un rôle ridicule ne servant à rien. Je ne peut qu’être sceptique face a des critiques contre ce film. Non pas que je sois un extrémiste de la critique, mais il faut avouer que ce film a compris l’essence de Predators et nous offre une version (un remake, disons le) du premier film actuelle. Il garde certains plans, la BO, la testostérone, et putain, ça fait du bien ! Predators et certainement le deuxième meilleur film de la série éponyme, incluant les ersatz que sont les AVP. Ceux qui n’ont pas aimé ce film ne sont tout simplement pas amateur de film d’action sauce années 80, car voilà ce qu’il est, ni plus, ni moins, et bordel, en 2010, il fallait oser, et ça, c’est génial.


8,5/10


Hervé BOYER

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