Critique : Precious
Réalisé par Lee Daniels
Avec Gabourey Sidibe, Mo'Nique, Paula Patton
Titre original : Precious: Based on the Novel 'Push' by Sapphire
Long-métrage américain.
Genre Drame
Durée 1h49 min
Année de production : 2008
Visionné en Version Originale
Résumé :
Precious est une jeune fille de 17 ans qui vit dans un milieu très difficile en plein Harlem. Malgré les moqueries et les violences qu’elle subit au sein même de sa famille, elle décide de s’en sortir en entrant dans une école alternative
Critique :
Precious est un film réellement touchant et émouvant. Mais ce film, c’est avant tout une histoire : celle de cette jeune femme (Gabourey Sidibe) essuyant les pires atrocités de la vie, qui nous bouleverse et nous afflige sur toute la misère humaine que l’on peut y observer. Il s’agit d’une plongée rude et violente dans les méandres de la cruauté et par conséquent aussi de la dignité humaine face à l’injustice. On assiste, impuissant, à cette descente vertigineuse dont on ne voit jamais le bout. Plus on avance et plus on est impliqué dans cette histoire, dans les mots de cette jeune femme, dans son attitude et sa force face à une situation a priori sans issue. Et c’est une véritable bouffée d’oxygène lorsqu’elle essaye de se relever et de s’en sortir au travers d’une école alternative qui va essayer de lui redonner de l’espoir. On est donc confronté en permanence à ces deux situations : celle de la famille, très lourde et pesante et d’un autre côté le souffle de vie que nous inspire cette envie de s’en sortir au travers de son école et surtout de son professeur qui va lui redonner goût à la vie. Le scénario tiré du livre « Push » est vraiment passionnant. On n’est pas uniquement spectateur, on vit pleinement cette histoire.
« Aujourd’hui, je vais m’en sortir. »
La mise en scène n’est pas toujours à la hauteur de la situation mais tient bien la route tout de même, malgré quelques passages visuellement assez ennuyeux, comme par exemple les moments d’échappatoire que s’accorde Precious dans les moments difficiles. Ils sont à mon sens plus de l’ordre du clip musical ou du cliché au lieu d’assouvir un intérêt certain dans l’évolution du personnage. Le rythme est de temps à autre haché par cette mise en scène trop discrète. Tout est filmé de manière très classique et calibrée pour laisser avant tout place à l’histoire, ce qui en soit ne fait que relever le niveau du scénario. Pour accompagner ce dernier, nous avons droit à une interprétation de grande qualité que ce soit pour Precious, sa mère (Mo’Nique) ou pour le personnage de Mariah Carey qui est d’ailleurs méconnaissable ; mais qui est aussi de grande qualité dans toutes les scènes se déroulant dans cette classe alternative avec ses élèves et leur professeur (Paula Patton). Les relations entre les élèves ou ceux entre les élèves et le professeur sont passionnants et ne sont pas sans rappeler un certain « Esprits Rebelles » sortie en 1995. C’est d’ailleurs au travers de ces relations que se construira petit à petit le personnage de Precious et que l’espoir pourra enfin montrer le bout de son nez au travers de l’entraide et de la solidarité face à l’adversité.
« J’ai un truc précieux à te dire… »
Du côté de la bande son, tout est en discrétion, laissant la majeure partie de sa place aux dialogues. Le langage du film est très dur et les mots sont comme des lames de rasoir. Mais le ton et les mots sont toujours justes et servent habilement le sujet. Cela étant dû sans aucun doute à la spontanéité de la version originale qui assume complètement son phrasé tout particulier du ghetto de Harlem des années 80.
C’est grâce à ce genre de film qui ne paye pas de mine et qui ne brille pas vraiment pour sa mise en scène que l’on se rappelle que nous ne sommes pas les plus malheureux sur cette terre et que nous ne sommes pas ceux qui souffrent le plus dans la vie. Un film qui nous apprend à relativiser face à la dureté de la vie, aux injustices et au manque de dignité. S’émouvoir pour de bonnes raisons, cela reste assez rare au cinéma de nos jours pour le signaler.
En bref :
A défaut d’un grand film, on se retrouve devant une grande histoire. Touchant, émouvant, amusant parfois, jamais moralisateur : une initiation à la vie…
Julien Rouveron
Note : 7.5/10
Precious est un film qui part plein de bons sentiments. Mais à force de vouloir nous faire avaler de la guimauve, on fait un excès de sucre! Non seulement le film cherche quasi en permanence la larme du spectateur (il n’a pas trouvé la mienne), mais en plus, il est d’un voyeurisme exacerbé, à la limite du dégoût! Remercions Oprah Winfrey pour avoir produit le premier film social sauce “TV réalité”. Alors, oui, les acteurs sont excellents, oui, le pitch de départ est intéressant, mais la réalisation est assez moyen-âgeuse, et le parti pris de certains point de vue sont plus que discutable (viol notamment). Entre l’histoire qui est répugnante et la réalisation un peu space, on se sent mal, comme precious dans sa peau. Comme elle, on est serré sur tous les plans tout au long du film, on est mal dans sa peau devant ce film, et malheureusement, ce n’est pas pour de “Mauvaise raison”, mais de bonnes. je m’explique : On peut ne pas apprécier un film à cause du sujet et lui reconnaître des qualités (ce que j’appelle “mauvaises raisons”, car subjective), or, pour precious, on ne peut qu’aimer et supporter cette pauvre ado à qui tous les malheurs du monde arrivent, et c’est malheureusement tous les choix artistiques (hormis le jeux des acteurs) qui mènent à un dégoût généralisé. On ressort avec l’envie de vite passer à autre chose. Un film étouffant.
Un drame cinématographiquement banal servi par une réalisation bancale.
Hervé BOYER
Note : 4/10
Bande Annonce :
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