Critique : La révélation
Réalisé par Hans-Christian Schmid
Avec Kerry Fox, Anamaria Marinca, Stephen Dillane
Titre original : Storm
Long-métrage danois, allemand, néerlandais.
Genre : Drame
Durée : 01h50min
Année de production : 2008
Visionné en version originale
Résumé :
En 2009, la Procureure Hannah Maynard est en charge de l’accusation d’un ex-général pour crime contre l’humanité. Elle va devoir tout faire pour amener son témoin devant la barre du tribunal pénal international de La Haye, malgré les pressions politiques et les menaces.
Critique :
La première chose qui surprend dans ce film, c’est sa sobriété. Ici, pas d’effets spéciaux, pas de réels jeux de mise en scène, juste un schéma narratif classique mais efficace. Le vrai principal attrait de ce film, et l’on s’en aperçoit très rapidement, c’est son scénario. Après une courte introduction, on se retrouve directement confronté au cœur du film : la salle d’audience du tribunal. Une nouvelle fois, pas d’effets, juste un constat sérieux et implacable de l’instant présent. Les personnages sont tiraillés entre la justice, la bureaucratie et la politique qui vient mettre des bâtons dans les roues de l’affaire à chaque instant. Ce film est un reflet des difficultés que rencontre la justice de nos jours face à des situations complexes et parfois contradictoires. Il met aussi en exergue les pressions exercées par et sur les acteurs de ces procès, que ce soient au travers des procureurs ou bien encore des témoins. Les personnages se retrouvent ainsi encrés dans une fiction qui flirte en permanence avec la réalité.
« Le témoin vous a vu manger des fraises dans la nuit du 22 au 23 mars. »
Les couleurs sont le plus souvent très froides, à l’instar de la salle d’audience, qui se voit ainsi fixée dans notre inconscient durant toute la durée du film. Tout est filmé avec une caméra qui n’est presque à aucun moment fixé sur un pied. L’image est donc en perpétuel mouvement, ce qui nous rapproche énormément de l’action et des personnages, comme si l’on n’était plus seulement spectateur, mais acteur de l’affaire. Le sentiment de participation au film ne fait que nous immerger et nous impliquer un peu plus dans les contradictions que rencontre l’affaire jugée par le tribunal. On est aussi très proche du documentaire au niveau de la réalisation de par la justesse du sujet et du ton qu’il emploie.
« Je veux un avocat !!! Bien mûr !!!»
L’interprétation des acteurs est plus que correct et le fait de ne pas avoir de têtes d’affiches très connues renforce le côté humain et fragile du film. Il n’y a pas grand-chose à dire sur la bande-son mis à part qu’elle fait la part belle aux dialogues en priorité, au détriment de la musique qui se fait extrêmement discrète, ce qui ne l’empêche pas d’être de qualité lorsqu’elle pointe son nez. Les dialogues sont pertinents et le casting international ne fait que confirmer l’impression de naturel et de justesse du film.
En bref :
Un très bon film sans prétention. Un bon suspens, une bonne intrigue et un procès passionnant. Un film tout à fait d’actualité.
Julien Rouveron
Note : 7.5/10
Bande Annonce :
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