critique : la rafle
Réalisé par Roselyne Bosch
Avec Mélanie Laurent, Jean Reno, Gad Elmaleh
Long-métrage français
Genre Historique, Drame
Durée 1h55 min
Année de production 2009
Résumé :
Le 16 juillet 1942, treize mille juifs résidant en France vont être confrontés à la plus grande rafle de l’histoire de la France durant la seconde guerre mondiale : la rafle du Vélodrome d’Hiver dites rafle du Vel’ d’Hiv’.
Critique :
C’est avec quelques à priori que je suis allé voir ce film, autant l’avouer tout de suite. J’avais particulièrement peur de me retrouver devant un énième documentaire au lieu d’un film, surtout après tous les commentaires sur ce dernier, le qualifiant avant tout de «devoir de mémoire». Et si les toutes premières minutes du film n’ont rien fait pour me rassurer, cette crainte s’est très vite envolée par la suite. Bien que classique, la réalisation s’en sort très bien et réussi à nous impliquer relativement rapidement dans l’histoire de cette famille juive que l’on va suivre tout au long du film. Tout est filmé avec sobriété mais néanmoins avec efficacité sans trop de mouvements de caméra. Ce qui aurait peut-être amené l’ennui sur d’autres films n’est ici qu’au service de l’histoire en lui laissant la meilleure place. La caméra est posée, à l’instar des dialogues qui sont ancrés dans toutes les scènes.
Le film retrace la rafle du Vel’d’Hiv’ au travers de plusieurs personnages et de leurs différentes visions du drame. Les visions les plus intéressantes sont celles des enfants juifs, celles du médecin (Jean Reno) et de l’infirmière (Mélanie Laurent). Si la réalisatrice s’attarde beaucoup sur ces personnages, c’est malheureusement au détriment de tous les autres points de vue. Le point de vue du gouvernement français de l’époque, les personnes aidant les familles juives, ainsi que les remords des gardes des camps sont trop peu présent voir absent. En se focalisant trop sur le drame familial et l’impuissance face à ce drame, le film perd en justesse et en finesse. En revanche, alors que l’on pouvait penser le film larmoyant avant de le voir, force est de constater que ce n’est pas le cas et qu’il manie avec une relative habileté et une étonnante sobriété le registre de l’émotion. Les dialogues sont un peu comme la réalisation : classiques et déjà entendus. Pas de grandes surprises avec les relations entre les personnages qui sont justes au travers des dialogues mais qui donnent aussi une impression de déjà-vu et de naïveté assez désagréable.
Pour nous accompagner dans cette douloureuse épreuve, le film s’offre un casting de choix : Jean Reno interprète un médecin juif logé à la même enseigne que les autres, Mélanie Laurent joue une infirmière prête à se sacrifier pour sauver son prochain et Gad Elmaleh un père de famille un peu naïf mais déterminé. Tout est là pour une grande interprétation, et pourtant… L’alchimie n’opère pas vraiment. Leur jeu n’est pas vraiment convaincant même s’il n’est pas dénué de toute qualité. Cela provient à mon sens du fait que ces têtes d’affiche sont trop connues ; elles se démarquent trop et ne reflètent pas assez fidèlement le drame de la situation et Gad Elmaleh en est l’exemple frappant. Ce dernier n’étant pas connus pour ses rôles dramatiques, on a beaucoup de mal à croire entièrement à la sincérité de son personnage. Bien que le jeu des enfants ne soit pas transcendant, ces derniers offrent un naturel et une spontanéité beaucoup plus juste au film que les adultes. A noter aussi un très convaincant travail de figuration auxquelles les têtes d’affiche n’arrivent malheureusement pas à s’accorder, ni même à se fondre.
Les musiques du film alternent entre des musiques d’époque et des compositions de très bonne facture qui rajoutent une note dramatique subtile. Pas de réelle claque sonore, tout est encore une fois amené dans la sobriété et dans l’accompagnement de l’histoire.
S’il ne vous touchera pas de bout en bout par sa réalisation, La Rafle pourra néanmoins vous émouvoir par son final et vous laisser échapper une larme à la mémoire de ce qu’il représente et véhicule.
En bref :
Un devoir de mémoire, certes, mais aussi un film. Malgré quelques lacunes, un casting pas toujours au niveau et un léger manque d’objectivité, La Rafle ne peut que nous émouvoir sur une période bien triste de notre histoire.
Julien Rouveron
Note : 7/10
Bande Annonce :
N’hésitez pas à donner votre avis, il nous intéresse :