Critique : Gainsbourg (Vie Héroïque)
Réalisé par : Joann Sfar
Avec : Eric Elmosnino, Lucy Gordon, Laetitia Casta, etc...
Année de Prod : 2009
Durée : 2h10
Distributeur : Universal
Résumé : Un film retraçant la vie de Serge Gainsbourg, en passant du jeune “Lucien Ginsburg”, jusqu’à Gainsbar.
Critique :
Il y a des films qui sont parfois tellement attendus, que la déception fait parfois poindre le bout de son nez au sortir de la salle. Ce film est un de ceux-là. Bien sûr, il ne faut pas oublier qu’un avis et toujours un point de vue personnel, et ne dois en rien vous empêcher de voir ce film, mais si, comme moi, vous êtes un amateur du personnage, vous risquez d’être déçu.
Le film de Joann Sfar (premier film cinéma), aurait peut-être mérité un autre traitement, d’ailleurs, le film est parfois si incroyable, que Jane Birkin elle même a demandée au réalisateur de mettre “Un conte de” plutôt que “Un film de”. En effet, il faut vous avertir : le film, en plus de prendre le parti pris (non désagréable) de l’humour, nous offre une vision somme toute assez personnelle et non objective de la vie du chanteur. Sfarr nous livre sa vision du mythe, et non une biographie au sens premier du terme. Ainsi, l’univers de Gainsbourg le suis en permanence : étant jeune, le symbole du juif le suivra en permanence derrière lui (signifiant la persécution allemande) et durant sa phase adulte, “sa gueule”, prendra le relais. Sa gueule est ainsi une part de lui, sa conscience, on peut même dire que c’est gainsbar provoquant le destin du jeune Ginsburg. Le problème, à mon goût, est l’omniprésence de ce symbole, et son interaction avec le personnage principal. Le film prend alors un aspect fantastique qui rompt le sentiment de voir un film biographique. Sachant que le vrai Gainsbourg avait des problèmes avec son physique, le réalisateur va également nous montrer la vision du poète en nous posant un choux, littéralement, à la place de sa tête... La séquence de la visite au coiffeur est assez hallucinante de ridicule. mais il y a un malaise général et personnel au vu de tout ça : l’obsession du physique et de la religion associé a l’image du juif transcendé en “Ma gueule”, donne une impression étrange et assez malsaine venant du film, sans pour autant dire ce que c’est exactement.
L’autre problème viens du scénario. Les premières minutes retraçant la vie du jeune Ginsburg sont plus qu’intéressante, malgré un jeux d’acteur plus qu’approximatif du jeune protagoniste principal. Mais arrivé à l’âge adulte, le film se contente de raconter l’histoire des tubes, au lieu de nous retracer une fresque psychologique, à l’image de “la môme” par exemple. De plus, historiquement, le réalisateur prend des libertés avec certaines situations. C’est peut-être pourquoi Birkin a voulu préciser que ce film est plus proche du conte que de la réalité du mythe.
Mon autre problème viens de Eric Elmosnino. Il est vrai qu’il joue vraiment bien, il est imprégné du personnage. Mais le fait est que, mis a part dans sa partie “Gainsbar”, il ne ressemble pas vraiment à gainsbourg. C’est la que je me dit que les bandes annonces savent nous mentir et nous montrer ce que l’on doit voir pour payer notre ticket.
Alors, oui, le film se laisse suivre, il est drôle et vraiment plutôt bien maîtrisé pour un premier long métrage, mais j’aurais vraiment aimé voir un film sur le vrai Gainsbourg, sur ses tourments, ses démons, plutôt qu’une suite d’anecdote sans vraiment beaucoup de profondeur.
Vous n’auriez pas un sucre?
En Bref :
Un film qui ne pourra pas plaire a ceux qui aimaient Gainsbourg, car trop anecdotique et éliptique, ainsi que trop fantastique et éloigné de la vérité. Il n’en reste pas moins que ce film est une oeuvre maîtrisée, qui se laisse voir avec bonne humeur, grâce a de très bons acteurs et une réalisation classique mais léchée.
Hervé BOYER
Gilbert Montagné Style!
Note : 6/10
Bande Annonce :
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