Critique : Alice au pays des merveilles 3D
Réalisé par : Tim Burton
Avec : Mia Wasilowska, Johnny Depp, Allan Rickman, Helena Bonham Carter
Durée : 1h49
Année de production : 2009
Genre : Aventure/Famille
Résumé : 15 Ans après être revenue du pays des merveilles, Alice est devenue une jeune fille courtisée dans un monde si brut que seul ses vagues souvenirs de son périple enfantins arrivent à apaiser. Cependant, au détour d’une course-poursuite avec son vieil ami le lapin blanc, Alice se retrouve une fois encore dans ce pays des merveilles qu’elle avait presque oublié.
Critique :
Vous aimez Tim Burton et vous attendez à voir un film 100% « Burtonien », une grosse satire noire et comique saupoudré d’un univers bien particulier ? Passé votre chemin alors, « Alice » ne sera peut-être pas fait pour vous. Est-ce que ce film est pour autant un mauvais film ? Loin de là. Il est certain que ce film ne peut laisser indifférent, mais moi, à titre personnel, j’ai beaucoup aimé, bien que j’aie senti que l’esprit de Burton était bien loin de ses précédents films, à l’exception de la planète des singes peut-être.
Ce film est donc clairement une réécriture, non pas du roman de Lewis Caroll, mais du dessin animé de Disney (tiens donc, c’est Disney qui produit, bizarre). On commence donc le film avec une Alice âgée de 20 ans (sublime de beauté et de fraicheur) qui évolue dans un monde qu’elle ne veux pas comprendre. Elle est courtisée, on veut qu’elle soit belle, elle se tait sur les relations adultères qu’elle voit, bref, elle est oppressée. Alice a cependant un cauchemar récurent : elle se voit tomber dans un trou et atterrir dans un monde peuplé d’animaux parlants et de reine sanguinaire. Elle fait part de ses rêves a son entourage, mais mis à part son défunt père, personne ne peut et n’a pu la comprendre. C’est donc le jour où elle est demandée en mariage qu’elle voit revenir le lapin blanc. Evidemment, elle le poursuit et tombe a nouveau dans un trou qui va la mener au pays des merveilles. A ce niveau du film et pendant encore à peu près 20 minutes, le film est assez ennuyeux. On aura l’impression de revoir le vieux dessin animé version live, agrémenté d’une psychologie légèrement plus développée. Je dois même avouer que le début du film ressemble à celui de Narnia 1 et le dénouement un peu à Narnia 2, Burton aurait-il aimé à ce point ces deux films?
Je suis le prince Caspian!.. euh, pardon, je suis Alice!
Soyons clair, Alice est clairement un film orienté grand public. Certes, il y a des thèmes chers à Burton et une ambiance un peu noire, mais le tout est fait pour les plus jeunes. Le problème, c’est que tout le film durant, Burton ne trouve pas sa cible. Il oscille entre la comédie bon enfant, la loufoquerie, le drame, l’aventure et le glauque. Du coup, les plus jeunes peuvent être hésitant et les plus vieux peuvent ne pas apprécier. Il est vrai que c’était compliqué d’adapter une telle histoire, mais à dire vrai : au final, qui d’autre que Tim Burton aurait pu le faire ? Le livre est déjà, à la base, un livre aux sens cachés. Burton ne fait qu’apporter sa pate de réalisateur et quelques un de ses clichés personnels. Et l’univers d’Alice aux pays des merveilles se prêtent finalement joyeusement à son délire personnel. On sent que ce film n’est clairement pas une initiative du maitre, mais ne pas lui conférer des qualités, au delà de ses défauts évidents, se serait être de mauvaise foi.
Commençons par les acteurs : ils jouent tous à la perfection. La partition de Johnny Depp en chapelier fou est à tomber par terre : à la fois fou, drôle, énigmatique, attachant, effrayant, désinvolte, plein de bon sens, joyeux et terriblement écorché par la vie. Une prestation magique et magnifique, sauf peut-être lorsque ce dernier tombe dans le ridicule d’une certaine dan vers la fin du film. L’actrice jouant Alice est également une actrice à suivre, en plus de trouver le ton juste à toutes les situations, elle fait de son personnage une Alice terriblement convaincante et avouons le, fort jolie.
Ouh qu’ils sont vilains mes sourcils tout noirs!
L’univers graphique est également superbe. A noter que j’ai visionné le film en 3D, et que le spectacle fut bien plus convaincant qu’Avatar, ce qui n’est pas rien. Le film va bien plus loin que l’immersion ou le simple relief, il donne l’impression d’être entouré de toute cette joyeuse bande. D’ailleurs, le film a clairement été orienté dans le sens de la 3D, et je ne saurais que trop vous dire de ne pas le voir en 2D tant le spectacle risque de perdre en saveur. En effet, je vois déjà les plans d’Alice tournant au milieu de la végétation ou des papillons tombés bien à plat sur un écran standard.
La musique de Danny Elfman est également plus que convaincante. Lui qui avait été évincé pour Sweeney Todd prouve à son compère de toujours qu’il sait trouver le ton juste. On aimera donc sa composition douce/acide aux légers relan de Beetlejuice qui sonne si bien.
On pourra donc se dire au final que Alice n’est pas un grand film, ou que Burton s’est loupé, mais se serait nier la conviction et les qualités que possède ce film. Il n’est clairement pas son meilleur et encore moins un chef d’œuvre, mais le maitre nous prouve encre une fois qu’avec des moyens Hollywoodiens et sur une commande, il est capable de nous fournir un travail d’artisan, que dis-je, d’orfèvre !
En bref :
Un film mené à la baguette par un Tim Burton en force. Un film qui, même si il cherche son public, est loin d’être désagréable à regarder et qui ne manque pas de profondeur. Un film qui ne peut laisser indifférent : on aime ou pas, je ne vois pas comment le juste milieu est possible. Pour ma part, j’ai beaucoup aimé.
Hervé BOYER
Note : 7/10
Bande Annonce :
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Contre-Critique Alice au pays des merveilles :
Film visionné en 2D
Quelle déception !!! Tout commençait pourtant bien : une musique de Danny Elfman absolument grandiose, une photographie d’introduction magnifique. Et puis tout s’est écroulé en un instant… S’enchaîne alors une mise en scène mollassonne, un rythme d’une lenteur à en faire pâlir une tortue sur un banc de sable, une tartine d’effets spéciaux peu soignés et une interprétation des acteurs quasi absente. L’histoire se veut déjantée et complètement folle, mais ce n’est pas une raison pour nous écrire un scénario sans queue ni tête. Ce film est clairement d’un ennui de tous les instants.
J’en ressors tout de même avec trois points positifs. Le premier est sans conteste la musique de Danny Elfman qui signe là une bande originale d’une beauté incroyable. Le deuxième point positif est la photographie. Elle serait formidable si on y avait droit tout au long du film ; au lieu de cela on n’y a droit qu’en de très rares occasions, occultées pas des plans fixes d’un intérêt extrêmement douteux. Le troisième point positif est Helena Bonham Carter qui est la seule à m’avoir fait sourire dans le film. Son interprétation est tout à fait dans l’esprit que l’on attend d’un tel film : son agacement est amusant et ses colères jubilatoires. Johnny Depp est quant à lui incroyable de ridicule, à l’image du clip de fin effroyable sur lequel il danse.
Ce film est fait pour la 3D, c’est une certitude et elle doit être de qualité à n’en pas douter une seule seconde. En 2D, les plans créés spécifiquement pour la 3D deviennent inutiles et gâchent même au contraire énormément le plaisir visuel auquel on s’attendait de la part de Tim Burton. Ce problème va indéniablement se poser quand Alice va sortir en DVD ou Blu Ray : on ne l’aura pas en 3D avant d’avoir les téléviseurs adaptés ce qui ne nous laissera que les défauts du film et nous empêchera de profiter du seul attrait du film qui est la 3D. Si aujourd’hui il faut choisir entre un vrai film ou une attraction en 3D, j’ai déjà choisi mon camp, et ce n’est pas celui de la 3D. Vivement le jour où l’on me présentera un film ou la 3D sert parfaitement son sujet comme avatar l’a fait en son temps. En attendant, j’ai l’impression d’avoir perdu mon temps…
En bref :
Lourd, lent, ennuyeux, dénué de charme, Alice au pays des merveilles de Tim Burton n’est pas un film, c’est une attraction !!! A voir en 3D pour s’amuser visuellement ou pas du tout…
Julien Rouveron
Note : 4/10