Critique : Ajami
Réalisé par Scandar Copti, Yaron Shani
Avec Shakir Kabaha, Ibrahim Frege, Fouad Habash
Long-métrage israélien
Genre : Drame
Durée : 01h58min
Année de production : 2009
Visionné en version originale
Résumé :
Le destin croisé de plusieurs vies en plein cœur du conflit israélo-palestinien.
Critique :
Ajami n’est pas un simple film, c’est un cri de souffrance, celui d’une population qui souffre d’un conflit qui dépasse chacun d’entre nous. A l’instar des premières secondes du film, la violence du sujet nous choque par son réalisme. Ajami est tout à la fois : rude, à fleur de peau, osé, violent, touchant, intriguant, et par-dessus tout plein de sensibilité. On ne peut pas rester de marbre face à cette histoire. On assiste, impuissant, à un déluge de haine et d’amour, de joies et de peines…
Au travers de la narration d’un jeune enfant, à la fois spectateur et acteur de la situation, on retrace l’histoire de nombreux personnages qui sont liés entre eux par un lien tragique : un conflit humain. Aucun personnage n’est épargné et c’est avec beaucoup de tristesse que l’on assiste à cette incompréhension entre les communautés. Car au milieu de ces conflits, il y a des innocents, des personnes qui souffrent et qui sont malgré elles les premières victimes de leur naïveté au combien compréhensible. La narration de l’enfant est pleine de tendresse et de poésie et nous accompagne tout au long de l’histoire. Le film n’apporte aucun jugement, il ne fait que nous montrer la dure réalité humaine.
La réalisation est sobre mais très efficace. On est en perpétuel équilibre entre le film dramatique et le réalisme d’un documentaire. Malgré quelques lenteurs et lourdeurs, l’intéressant montage en puzzle nous apporte une fraîcheur au milieu de ces images difficiles. L’interprétation des acteurs amateurs est tout à fait remarquable et nous apporte un naturel très convaincant dans des situations toutes plus difficiles les unes que les autres. Le scénario est écrit avec beaucoup de soin et nous embarque dans les méandres psychologiques et dramatiques de ces personnages plongés à leur insu dans un conflit qu’ils ne maîtrisent pas.
Le film ne nous propose que très peu de musiques, ni même d’ambiance sonore. Seuls les coups de feu nous font sursauter et nous rappellent à l’ordre dans les moments de silence, souvent évocateurs de mort. Cette bande-son relativement discrète ne fait qu’accentuer les dialogues et les situations mises en avant.
On ressort de ce film choqué et émotionnellement atteint. Mais rappelons-nous aussi que cacher la vérité ne la fera jamais disparaître…
En bref :
Un film sincère et brut sur le conflit israélo-palestinien, mais émotionnellement rude et violent. Un véritable coup de poing en pleine face.
Julien Rouveron
Note : 7/10
Bande Annonce :
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